La princesse des anges

La princesse des anges
Elle est là, assise sous ce porche
Le regard violet livide et vide.
En elle tout renvoie aux reproches.
Tout son âme, son cœur se vident.
Elle se lève, elle se balance.
Ses ailes retombent sous ce poids.
A ce jour son berceau était chance.
Douleur, tristesse, aucun autre choix.
Elle doit accepter cette Loi.
Genoux au sol, ses mains posent les roses.
Cette croix deviendra son cimetière.
Ces fleurs seront le reste de sa vie.
Ce ciel sera sa soif d'infini.
Chaque jour elle priera la poussière
Sur cette pierre incrustée d'un forclose :
Cet ange qu'elle a vu naître,
Cet enfant qu'elle a du perdre,
Son titre qu'elle n'a pu compromettre,
Son joli cœur qu'elle a vu disparaître.
Tous deux ils s'aimaient d'un fol interdit
La vie close dans son corps découvert
La voilà condamnée à être punie :
tuer son amant sous un œil pervers,
arracher de ses entrailles une vie,
Morts ses anciens et futurs amours,
Bannie par les familiaux vautours.
La nuit se lève sous un clair soleil nocturne.
Elle pleure son étoile , nue sur ce noir tombeau.
Dos courbé, elle regarde son inforturne
S'enivre et s'embroche avec les cornes de taureau.
